À Mirebalais, Wid JEAN CHARLES raconte son expérience face à la violence des gangs à Mirebalais, Un témoignage fort et poignant.
Mirebalais / Haïti
Un an après la prise de contrôle de Mirebalais par des groupes armés, la situation reste alarmante. Des milliers d’habitants ont été contraints de fuir leurs maisons. Pour AyiboScoop24, Wid Jean Charles, originaire de la localité de Boyer, revient sur les moments de terreur qu’il a vécus.
Des milliers de familles ont été contraintes d’abandonner leurs maisons, leurs biens et leurs souvenirs, devenant ainsi des déplacés internes, livrés à eux-mêmes dans des conditions précaires.
Une ville abandonnée au chaos
Depuis le 31 mars 2025, Mirebalais et ses zones environnantes sont passées sous le contrôle de groupes armés, plongeant la population dans un climat de terreur permanente.
Des tirs nourris, des maisons incendiées, des pillages et des déplacements forcés ont marqué cette période sombre. Plusieurs quartiers ont été vidés de leurs habitants, contraints de fuir pour sauver leur vie.
« La ville est méconnaissable. Tout a changé en quelques heures », confie un habitant déplacé.
« C’était une situation d’une gravité extrême »
AyiboScoop24 : Que s’est-il passé le jour où tout a basculé ?
Wid Jean Charles :
Je me souviens encore de cette journée. J’étais à l’Hôpital Universitaire de Mirebalais avec plusieurs collègues. Nous étions enfermés, sans possibilité de sortir. J’ai entendu des détonations comme jamais auparavant. C’était une situation extrêmement grave.
« Chacun a fui comme il pouvait »
AyiboScoop24 : Comment avez-vous réussi à vous en sortir ?
Wid Jean Charles :
Après plusieurs heures, nous avons pu quitter les lieux. Chacun a pris une direction différente pour éviter les zones contrôlées par les gangs. Certains ont traversé le fleuve, d’autres ont pris la route vers l’Artibonite. Moi, je suis rentré chez moi, pensant que tout allait se calmer rapidement. Mais je me suis trompé.
La peur était constante.
AyiboScoop24 : Comment avez-vous vécu les jours qui ont suivi ?
Wid Jean Charles :
C’était très difficile. Les tirs ne s’arrêtaient pas. Nous vivions dans la peur. Je mangeais très peu. Les réseaux étaient coupés. Les gens fuyaient la zone. J’ai dû envoyer ma mère en sécurité, mais moi, je suis resté seul pendant plusieurs jours.
AyiboScoop24 : Qu’est-ce qui vous a permis de tenir dans ces conditions ?
Wid Jean Charles :
Je priais beaucoup. C’était ma seule force. Mais la situation devenait de plus en plus insoutenable. Même mes proches m’encourageaient à partir.
« Nous avons tout perdu »
AyiboScoop24 : Qu’est-ce qui vous a finalement poussé à quitter Mirebalais ?
Wid Jean Charles :
Ma compagne m’a appelé en pleurant. Elle m’a dit qu’elle ne pouvait plus supporter cette situation. J’ai compris que je devais partir. J’ai pris quelques affaires, pensant revenir rapidement. Mais depuis ce jour, tout a changé.
« Nos maisons ont été pillées »
Aujourd’hui, Wid Jean Charles vit loin de sa ville natale. Comme des milliers d’autres habitants, il a tout perdu.
« Nos maisons ont été pillées, incendiées. Mirebalais est toujours sous le contrôle des gangs. Un an après, rien n’a changé », déplore-t-il.
Un appel à l’action
Face à cette crise, il lance un appel :
« Qui va nous aider ? Qui va agir sans intérêt politique ? Nous demandons simplement la paix, la sécurité et la possibilité de rentrer chez nous. »
Une situation toujours critique
En 2026, les habitants de Mirebalais et de Saut-d’Eau vivent toujours dans des conditions précaires. Beaucoup sont déplacés, sans accès suffisant à l’eau, à la nourriture ou à la sécurité.
« Seule l’unité peut nous sauver »
Malgré tout, Wid Jean Charles garde espoir :
« Ce n’est pas la division qui va nous sauver, mais l’unité. Nous devons agir ensemble pour sortir de cette crise. »
À travers ce témoignage poignant, la situation de Mirebalais apparaît comme un symbole alarmant de la crise sécuritaire qui frappe Haïti. Au-delà des pertes matérielles, c’est toute une population qui lutte chaque jour pour survivre, entre peur, incertitude et espoir.
Ce récit met en lumière l’urgence d’une action concrète et collective afin de rétablir la sécurité, accompagner les personnes déplacées et redonner espoir à des milliers de familles. Plus qu’un simple témoignage, c’est un appel à la conscience, à la solidarité et à la responsabilité de tous.
Aujourd’hui, Mirebalais ne demande pas seulement à être entendue, mais à être secourue.












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